Microlanceurs européens : six startups dans les starting-blocks
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L’ancienne zone Diamant du CSG en cours de réaménagement
CNES
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L’ancienne zone Diamant du CSG en cours de réaménagement
CNES
Parmi la vingtaine de sociétés qui planchent actuellement sur des microlanceurs à travers l’Europe, six font régulièrement parler d’elles, en Allemagne, en France et en Espagne, à l’occasion d’avancées significatives dans leur développement, de signatures de contrats de lancement, ou de campagnes de recrutement. L’un des marqueurs de maturité de leurs projets a été leur sélection par le Cnes en juillet 2022 pour être bientôt accueillis au sein du Centre spatial guyanais, où ils pourront être mis en œuvre. Les décollages s’effectueront depuis l'ancienne zone Diamant, actuellement en cours de réaménagement pour les projets Callisto (le démonstrateur de lanceur réutilisable développé par le Cnes, l’agence spatiale allemande et l’agence spatiale japonaise) et Themis (le démonstrateur européen de premier étage de lanceur réutilisable) – une rénovation d’un montant de 50 M€, engagée dans le cadre du programme économique France Relance.
Enregistrée officiellement sous le nom Payload Aerospace, PLD Space est la plus ancienne entreprise de notre sélection : elle a été fondée en 2011 à Elche, dans la province d’Alicante, au sud-est de l'Espagne, par deux ingénieurs espagnols, Raul Torres et Raul Verdu. Actuellement, deux lanceurs réutilisables sont en cours de développement : Miura 1 (monoétage) et Miura 5 (à deux ou trois étages). Le nom Miura, qui évoque un mythique élevage espagnol de taureaux de combat, mais aussi la puissante voiture de sport produite par le constructeur italien Lamborghini entre 1966 et 1973, a remplacé celui d’Arion, cheval immortel de la mythologie grecque, qui résonnait avec une certaine… Ariane.
Lors de la rédaction de ce dossier, la campagne du vol inaugural de Miura 1 avait démarré depuis le 8 mars, et le jour J se profilait pour la fin du mois de mai depuis le site de lancement de fusées-sondes d’El Arenosillo à Huelva, en Andalousie, géré par l’Institut national de technologie aérospatiale (Instituto Nacional de Técnica Aeroespacial). Avec une charge utile de 100 kg embarquée jusqu’à 150 km d’altitude, c’est la première fois qu’allait être utilisé en Europe un véhicule spatial réutilisable. Miura 1 n’est pas destiné à des vols commerciaux mais, à raison de deux vols par an, doit servir de démonstrateur technologique lors de vols suborbitaux de 3 à 4 minutes, pour la recherche scientifique dans la haute atmosphère, et le développement technologique en micropesanteur. Il doit ainsi valider 70 % des technologies qui seront présentes sur Miura 5, lequel sera équipé d’un premier étage à décollage et atterrissage vertical, réutilisable plusieurs fois. L’objectif sera de placer 540 kg sur orbite héliosynchrone basse, avec des essais en vol à partir de fin 2024, et un démarrage de l’exploitation commerciale avant la fin de 2026.
PLD Space a été la première jeune pousse européenne à développer son propre moteur, et la première à le tester dans ses propres locaux, basés depuis 2014 près du cimetière d’avions de Teruel, dans le centre-est du pays. Le premier essai réussi de son moteur métalox Teprel s’est déroulé le 1er juillet 2015. Depuis sa création, plus de 60 M€ ont été levés auprès de partenaires institutionnels et privés, et l’entreprise comptait fin avril 123 salariés. Ezequiel Sanchez, le président exécutif, nous répondait alors espérer embaucher entre 75 et 90 personnes supplémentaires avant la fin de l’année. A propos des perspectives d’activité, il nous confiait : « Les satellites de moins de 500 kg représentent actuellement 85 % du marché total des lancements : c’est un marché très prometteur, avec des besoins aussi bien institutionnels que privés, où une offre comme celle de PLD paraît parfaitement compétitive pour des orbites SSO typiques. Nous nous considérons comme un acteur de niche, et nous n’allons pas déployer de grandes constellations. Mais elles vont se développer, à commencer par la constellation européenne pour les communications souveraines, soutenue par Thierry Breton. Et là, PLD Space sera complémentaire des capacités de lancement existantes, en particulier pour le maintien opérationnel de constellations et le remplacement sur orbite de satellites, avec une capacité de réactivité de notre part qui pourrait atteindre trois semaines. Nous avons récemment reçu nos investisseurs et prospects sur le pas de tir de Miura 1, qui ont confirmé notre analyse. Nous n’avons pas encore communiqué à ce propos mais, depuis le second semestre 2022, nous avons enregistré un intérêt de 300 M€ pour des contrats de lancement… »