COREE DU NORD : UN PREMIER SATELLITE ESPION SUR ORBITE
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La République populaire démocratique de Corée (RPDC), ou Corée du Nord, était devenue en décembre 2012 la dixième puissance spatiale mondiale en réussissant, après quatre échecs essuyés entre août 1998 et avril 2012, la mise sur orbite basse du satellite Kwangmyongsong 3 numéro 2 (Étoile brillante, en coréen). Ce satellite de 100 kg au décollage, construit par le Comité coréen de la technologie spatiale KCST (Korean Committee of Space Technology, fondé en 1980), était officiellement dédié à l’observation météorologique de la Terre. Mais il semble que son système de transmission n’était pas fonctionnel et, surtout, il avait été considéré à l’époque comme un test de missile balistique par la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis.
Il avait en effet été confié au lanceur léger Unha 3 (Galaxie), développé depuis 2009 et doté de trois étages. Les deux premiers étages fonctionnaient au mélange N2O4 (peroxyde d’azote) / UDMH (Diméthylhydrazine asymétrique), et le dernier (incorporé dans la coiffe, et probablement identique à l’étage supérieur du lanceur chinois Longue Marche 1) fonctionnait avec du propergol solide… comme le missile balistique Taepodong 2 (testé en 2006), dont la portée est estimée entre 3 500 et 6 700 km. Le lancement de Kwangmyongsong 3 était intervenu depuis la base de lancement de missiles de Sohae (également connue sous les noms de Tongch’ang-dong ou Pong-Dong-Ni, voire Pong-Dong-Ri), située au nord de la côte occidentale du pays.
Un second satellite d’observation, Kwangmyongsong 4, avait ensuite été déployé le 7 février 2016, toujours depuis Sohae et toujours à l’aide d’un lanceur Unha 3. Pyongyang fut à nouveau accusé de camoufler un essai de missile interdit, capable de frapper les États-Unis. Le lancement fut fermement condamné par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui le qualifia de « provocation intolérable ».