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Le cosmos en 2083 (3/11) : De l’observation de la Terre

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 27 décembre 2023 à 07:36

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L'observation de la Terre fait assurément partie des applications du spatial qui vont continuer à se développer d’ici 2083. Qu’en pense Jean-Pierre Antikidis, président de l'entreprise pionnière Blue Planet (créée en 2009 avec l’astronaute Jean-Jacques Favier) ?

L'observation de la Terre est une longue histoire, qui a été pavée par les améliorations successives de la météorologie à la fin des années soixante-dix et le succès inespéré du programme Landsat, initié dans les années quatre-vingts. Chaque fois qu'une nouvelle génération apparaît, la façon d’utiliser les images évolue. Pour comprendre le futur, il convient certes d'observer le passé, mais aussi de se défier du syndrome des « améliorations" » dans lequel le futur serait le présent en mieux – c'est bien rarement le cas. Néanmoins, il n'est pas inutile de s'inspirer des évolutions passées pour constater que le progrès n'est jamais continu mais une suite de mutations, chacune caractérisée par le fait qu'elles bousculent le présent et qu'elles sont rarement prévisibles, ni même espérées (la médecine fait exception). Rappel des épisodes précédent en quatre saisons.

Saison 1 : la météo spatiale

Le point de départ de l’observation de la Terre depuis l’espace a été le programme américain ERTS (Earth Resources Technology Satellite), rebaptisé Landsat et lancé en 1972, que personne n'attendait, ainsi que les satellites espions de la Guerre froide. On était alors dans le monde analogique et des coûts astronomiques du secteur spatial. L'observation optique, c’était d'abord un cliché photo qu'une armée de spécialistes cherchait à comprendre.

Saison 2 : l’essor des capteurs CCD

Puis le civil s’est emparé de l’observation de la Terre grâce à l'essor des capteurs CCD (Charge Coupled Device). Une nation alors plus culottée que les autres, la France, allait utiliser des capteurs de photocopieuses pour réaliser en 1986 le programme Spot (Satellite probatoire d’observation de la Terre), et inaugurer l'arrivé de l'image numérique avec la disparition des laboratoires photo qui encombraient les caves – autre culot alors que le champ des compétiteurs était libre : chercher à asseoir le spatial dans une dimension économique. Le NewSpace était né avant l'heure !

Pierre-François Mouriaux

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