Grosse déprime à la veille de la WSBW
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En cinq ans, la constellation Starlink est devenue le cauchemar des opérateurs traditionnels de télécommunications par satellite.
SpaceX
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En cinq ans, la constellation Starlink est devenue le cauchemar des opérateurs traditionnels de télécommunications par satellite.
SpaceX
« La situation est alarmante », nous résume d’entrée ce loup blanc du secteur, qui connaît aussi bien l’industrie européenne des satellites que les arcanes politiques, parisiennes et bruxelloises. De fait, les raisons d’être optimistes pour le futur de l’Europe spatiale sont bien maigres, entre un marché des satellites géostationnaires de télécommunications toujours en berne, le chiffre d’affaires des deux grands constructeurs qui dévisse (seulement trois contrats ont été remportés depuis le début de l’année - JSat 31 par Thales Alenia Space et Al Yah 4 et 5 par Airbus Defense and Space), les opérateurs de télécommunications par satellite au bord du dépôt de bilan, et le projet de constellation communautaire souveraine toujours pas engagé. Tandis qu’en face, insolente et apparemment inarrêtable, l’offre Starlink de SpaceX continue de séduire de nouveaux clients – avec parfois des accidents de parcours, comme la récente révocation de la licence d’exploitation au Brésil.
Si l’affaire n’a pas fait grand bruit en France, éclipsée par les Jeux olympiques ou le feuilleton sans fin de la nomination d’un nouveau gouvernement, ses conséquences risquent pourtant d’être extrêmement lourdes : au début de l’été, Airbus Defense and Space et Thales Alenia Space ont finalement décidé de se retirer du (seul) consortium qui avait répondu à l’appel d’offres de l’Union européenne pour le développement de la constellation Iris2 (dont le coût de développement est estimé à 12 Md€ par l’industrie). Ils restent cependant dans la boucle, se positionnant désormais en fournisseurs et non plus en architectes du système. « C’était assurément LE programme qui allait sauver le secteur, regrette notre spécialiste. Mais, en ces temps de crise qui dure, les maisons-mères n’ont aucune envie de prendre des risques supplémentaires. C’est parfaitement compréhensible, cependant la perception des politiques n’est pas du tout la même : ils ne comprennent absolument pas pourquoi l’industrie ne saisit pas l’opportunité offerte par la Commission… On se retrouve donc pour la première fois dans une situation où ce sont les opérateurs, et non plus les fabricants, qui sont en position de leaders. C’est une perte de levier pour les industriels. » L’offre qui est soumise par Eutelsat, Hispasat et SES seuls devrait – si tout va bien – être acceptée sous deux mois…