La paix menacée sur orbite ?
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Le satellite militaire français CSO3 sera le prochain passager du nouveau lanceur lourd européen Ariane 6.
Nikausse
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Le satellite militaire français CSO3 sera le prochain passager du nouveau lanceur lourd européen Ariane 6.
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L'espace a longtemps été mis en avant comme étant un milieu au service de la science et de l'observation de la Terre, caractérisé par des activités pacifiques. Cependant, avec l'essor des technologies militaires, le durcissement des relations internationales et un contexte géopolitique en constante évolution, la militarisation et l'arsenalisation de l'espace s'imposent comme de nouveaux enjeux cruciaux dans les relations internationales, après des années d'exacerbation de la coopération internationale. Alors que les tensions entre grandes puissances se ravivent, il devient essentiel de distinguer ces deux concepts et d'analyser leurs implications pour la sécurité mondiale. Au fil des décennies, « la dynamique s'est transformée au gré des doctrines et des technologies, émancipant peu à peu le milieu spatial des autres, jusqu'à en faire un milieu d'opérations à part entière », souligne Brian Kalafatian. Les avancées technologiques et la militarisation croissante des capacités spatiales « tendent à remettre en question la sanctuarisation du milieu spatial, jusqu'ici respectée en apparence malgré l’utilisation de politiques de puissance utilisant ce milieu ». Les satellites initialement conçus pour des fins scientifiques et usages civils peuvent également être utilisés à des fins militaires. Dans ce contexte, la « dualité des capacités spatiales soulève des interrogations, car les frontières entre utilisation civile et militaire deviennent de plus en plus floues, alors que de nouveaux usages, notamment des données, ne cessent de se développer ».
La militarisation se réfère à « l'utilisation du domaine spatial pour soutenir des activités militaires au sol, et est le caractère fondateur de l'exploration spatiale, notamment par le lien entretenu avec la question nucléaire ». En revanche, l'arsenalisation évoque une étape plus avancée, où « des armements à but défensif, offensif ou de signalement sont non seulement déployés, mais également intégrés dans des stratégies de combats spatiaux ». Bien que ces concepts aient été pensés dès la guerre froide avec le développement des capacités de frappe orbitales, un « consensus a émergé dans les années 1970 pour éviter une course à l'armement dans l'espace ».
Cependant, ce consensus est aujourd'hui en train d'évoluer avec le « retour à des discours militaristes de la part des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine ». Les préoccupations se concentrent sur l'engagement de protéger les atouts spatiaux, comprendre l'infrastructure spatiale d'un pays, par le biais, par exemple du Space Control aux Etats-Unis, qui vise à « établir une supériorité spatiale par la mise en place d'une logistique et de doctrines facilitant la présence humaine et matérielle, dont des systèmes d'armes, afin de dissuader les adversaires et garantir la prévalence des Etats-Unis dans le milieu spatial ».