Grand entretien : Général Steininger, conseiller militaire au CNES (1/2)
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Entretien publié le 18 juin 2025 dans Air & Cosmos n°2927
Breveté pilote de chasse en 1984, j'ai fait une carrière de militaire dans l'Armée de l'Air (qui n'était pas encore l'Armée de l'Air et de l'Espace), durant laquelle j’ai été amené à occuper différents postes de responsabilité : j’ai dirigé un escadron de chasse à Cambrai, la base aérienne de Cazaux et les Forces aériennes stratégiques. J'ai effectué deux séjours en interministériel au sein du SGDSN [Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale], une maison pas très connue, mais qui joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de l'Etat au niveau de la sphère défense et sécurité nationale. Lors de mon premier séjour, en tant que jeune général, je m'occupais du secrétariat des conseils de défense et de sécurité nationale. Lors de mon second séjour, j’étais secrétaire général adjoint, donc le numéro 2. C’est là que j’ai terminé ma carrière dans la fonction publique, si j'ose dire, ayant atteint ma limite d’âge statutaire. J’ai ensuite rejoint le CNES comme conseiller militaire du président. Et je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance : d’abord parce qu’il n’est pas facile de trouver un travail en France quand on est senior et que l'on a un profil militaire ; ensuite parce que c’est dans le spatial, un secteur qui m'intéressait depuis toujours ; enfin à ce poste car il me permet d'une certaine manière de rester au service de l'Etat.
En tant que conseiller militaire, je joue un rôle, disons, d'échelon de synthèse des questions de défense au niveau du président. Puisque le spatial est de nature profondément dual, beaucoup de gens au sein du CNES sont amenés, à un moment donné, avoir une activité en rapport avec la défense. Or il n'y a pas une direction au sein du CNES consacrée aux applications militaires, comme c’est par exemple le cas au CEA. C’est là que j’interviens, pour aider le président à faire la synthèse de tout cela et pour servir de matrice de transfert, si l’on peut dire, entre la culture militaire et la culture civile, en décryptant pour mes collègues du CNES ce que fait le monde militaire, et à l'inverse expliquer aux militaires le monde des ingénieurs du CNES. De plus, je suis assez fortement impliqué dans le fonctionnement de la relation entre le CNES et le ministère des Armées, puisqu'il y a toute une comitologie qui a été mise en place pour animer celle-ci. Enfin, j'ai pas mal d'actions de communication pour faire connaître le spatial dans sa dimension militaire auprès des salariés du CNES, et pour faire connaître le spatial de défense dans différentes enceintes au sein de la Défense ou ailleurs.