Lune : la Nasa sélectionne les rovers d’Astrolab et de Lunar Outpost pour ses astronautes

La Nasa a multiplié les annonces autour de son programme lunaire.
Nasa

La Nasa a multiplié les annonces autour de son programme lunaire.
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Exactement deux mois après l’événement Ignition, où l’administrateur de la Nasa Jared Isaacman a complètement retourné le programme lunaire américain, la Nasa redonne de nouvelles. L’agence spatiale américaine a précisé que l’équipage d’Artemis 3 sera dévoilé le 9 juin. Puis elle a donné de nombreuses informations concernant les missions lunaires automatiques à venir ainsi que sur le programme LTV.
Après des mois d’attente (l’annonce était attendue depuis l’été dernier), l’agence spatiale américaine a dévoilé qui sont les industriels retenus pour fournir des rovers de transports d’astronautes sur la Lune (LTV – Lunar Terrain Vehicle). Ainsi, la Nasa a retenu les sociétés américaines Lunar Outpost et Astrolab avec un contrat pour une première phase où les industriels devront développer et qualifier en 18 mois leur proposition de rover. Une première mission de démonstration est prévue en 2028. Elle sera 100 % automatique.
Les contrats sont à prix fixes. La Nasa accorde un contrat de 219 M$ à Astrolab et un contrat de 220 M$ à Lunar Outpost. Les rovers devront être prêts pour un envoi sur la Lune en 2028. Le premier rover sélectionné est le CLV-1 d’Astrolab, dérivé du rover Flex introduit par la société américaine il y a quelques années. Les rovers d’Astrolab reposent sur plusieurs technologies européennes clés fournies par Venturi Space, basé à Monaco, en Suisse et qui va bientôt ouvrir une usine à Toulouse. Venturi Space fournit les roues, les batteries et le système de gestion de la puissance électrique du rover.
Le second rover est le Pegasus de Lunar Outpost, version allégée de leur rover Eagle et qui reprend certaines technologies héritières du programme Apollo, d’après la Nasa. Côté vitesse, le CLV-1 peut rouler à près de 10 km/h sur terrain plat et le Pegasus peut atteindre 14.5 km/h. Les deux rovers sont des versions plus petites que les rovers proposés lors de la phase de présélection de la Nasa.
Perdant de la compétition, Intuitive Machines n’a pas été retenu. La société américaine – qui a considérablement gagné en puissance industrielle avec le rachat de Maxar Space – avait proposé l’année dernière son Moon Racer, avec un consortium incluant Boeing et des roues développées par Michelin. En effet, depuis des années, le groupe français avait travaillé sur une roue lunaire, en partenariat avec le Cnes. La Nasa n’exclut pas toutefois d’intégrer d’autres industriels dans sa sélection pour les prochaines phases du programme LTV. En attendant, la Nasa a fait le choix de la prudence en gardant deux fournisseurs, au cas où l’un d’eux risque de ne pas aller jusqu’au bout.
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Pour la démonstration des rovers, la Nasa a choisi l’atterrisseur lunaire Blue Moon de Blue Origin pour les déposer sur la Lune. L’agence a réservé deux vols pour un total de 188 M$, avec une prolongation de contrat de 280.4 M$ en option selon les résultats de la phase initiale. Ce sont de nouvelles missions pour le Blue Moon, solution concurrente du Starship de SpaceX pour acheminer les astronautes sur la Lune depuis l’orbite lunaire. La Nasa ne s’est toujours pas prononcée sur le choix du HLS (Human Landing System) retenu pour Artemis 4.
Le Blue Moon, dans sa version initiale (Mark I), est aussi à l’honneur avec sa première mission de démonstration désormais entièrement intégrée dans le programme lunaire de la Nasa (mission Moon Base I). Le module de descente nommé Endurance emportera plusieurs instruments de la Nasa, dont une caméra qui étudiera le comportement de la poussière lunaire soulevée par le souffle à l’alunissage. La mission est prévue de se poser sur une crête au bord du cratère Shackleton, située au pôle Sud lunaire. Une zone qui est éclairée par le Soleil en permanence. Cette mission est la première démonstration du lander lunaire, afin de réduire le risque pour les astronautes si le Blue Moon est retenu pour les déposer sur la Lune.
La Nasa a détaillé deux autres missions, Moon Base II et III, prévues cette année. Renommées ainsi, ces deux missions étaient déjà prévues par le programme CLPS de l’agence. Moon Base II est la mission qui déposera le rover Flip de Venturi Space, qui servira à tester le bon fonctionnement des roues et des batteries. Le rover emportera plusieurs instruments de la Nasa. Il sera déposé par l’atterrisseur Griffin de la société américaine Astrobotic. La mission Moon Base III est un alunissage du Nova-C d’Intuitive Machine qui emportera plusieurs instruments de la Nasa, de l’ESA et de l’institut d’astronomie et des sciences spatiales de la Corée du Sud (Kaist). La Nasa prévoit d’annoncer encore 9 autres missions au cours de l’année.
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Enfin, la Nasa a fourni des précisions sur la mission MoonFall qui doit disperser quatre drones du Jet Propulsion Laboratory (JPL) dans la région du pôle Sud afin d’y réaliser des vols de reconnaissance à basse altitude. Les données serviront à mieux documenter les zones potentielles d’atterrissage des premières missions habitées du programme Artemis. Pour déposer les drones à la surface, la Nasa a annoncé avoir choisi la société Firefly Aerospace, qui avait réussi la première mission lunaire commerciale sur la Lune l’année dernière (Blue Ghost).