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Artemis 1 : préparer le grand retour sur la Lune

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 11 septembre 2022 à 11:13

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Vue d’artiste du vaisseau Orion survolant la Lune.

Vue d’artiste du vaisseau Orion survolant la Lune.

L. Yanulis / NASA

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Le retour de l’homme sur la Lune se précise, avec le départ tant attendu (mais encore repoussé) du nouveau lanceur lunaire de la Nasa, qui jusqu’à présent a surtout défrayé la chronique pour ses glissements de calendrier et ses dépassements de budget. A son sommet, le vaisseau Orion, dont le module de service a été fourni par l’Europe.

La Nasa confiante

Le grand départ du mégalanceur lunaire SLS (Space Launch System) et de sa capsule Orion avait d’abord été fixé au 29 août, dans une fenêtre de tir comprise entre 12 h 33 et 14 h 33 UTC (quatre heures de moins en Floride). En cas de report, pour raisons météorologiques ou techniques, deux autres dates étaient alors envisagées : les 2 et 5 septembre. Mais la Nasa paraissait confiante, puisqu’elle avait lancé dès le 8 août ses invitations officielles pour assister au lancement trois semaines plus tard ; elle avait même avancé au 17 août le « roll-out » final (transfert du lanceur vers le pas de tir), soit avec deux jours d’avance sur le planning. « Nous y allons », pouvait-on lire sur une immense bâche placée en contrebas du pas de tir 39B du centre spatial Kennedy (KSC), en Floride.

Les 6,4 km qui séparent le gigantesque bâtiment d’assemblage VAB (Vehicle Assembly Building) du pas de tir ont été parcourus en une dizaine d’heures, sous les objectifs d’une nuée de photographes, à l’aide de l’imposante plateforme à chenilles Crawler Transporter, anciennement destinée aux fusées lunaires Apollo puis aux navettes spatiales. L’engin de transport pèse à lui seul 2 700 t, et ses seize moteurs consomment 1 litre tous les 2,80 m… C’était la troisième fois cette année que le SLS tout assemblé quittait le VAB, après les tumultueuses répétitions générales du compte à rebours simulé WDR (Wet Dress Rehearsal), en mars-avril et mai-juin. Le pad 39B, modernisé pour accueillir le lanceur SLS, n’avait pas vu de décollage depuis celui de la navette Endeavour, en mai 2009, pour la dernière mission de maintenance du télescope spatial Hubble (STS 125). Le « roll-out » du lanceur de la dernière mission lunaire habitée, Apollo 17, avait eu lieu, lui, le 28 août 1972 depuis le pad 39A.

Cinquante ans plus tard, le 22 août, les responsables de la mission Artemis 1 se sont rassemblés au KSC, pour effectuer la revue d'aptitude au vol FRR (Flight Readiness Review), destinée à évaluer l'état de préparation du lanceur et de sa capsule. A cinq jours du décollage, les prévisions météorologiques étaient favorables à 70 %. La veille, elles étaient montées à 80 %...

Météo capricieuse et avaries techniques

Malheureusement, les ennuis se sont multipliés. Les menaces d’orage, avec les risques de foudre associés, ont d’abord retardé d’une heure le remplissage des réservoirs du SLS dans la nuit du 28 au 29 août, grignotant les marges de temps. Le matin du lancement, sont ensuite apparues des signes de fuite d'hydrogène (réminiscence des problèmes rencontrés lors des répétitions WDR), puis une baisse de pression sur l’un des moteurs de l’étage central. Enfin, une soupape vistamboire d’hydrogène s’est montrée récalcitrante, risquant d’empêcher le refroidissement du moteur… Décision a donc été prise, une minute après l’ouverture de la fenêtre de tir, de reporter la tentative de lancement, d’autant que la météo se montrait défavorable en début et fin de créneau. « Nous ne lançons pas avant que tout soit parfait, expliquait l’administrateur de la Nasa Bill Nelson. Je pense que cela illustre le fait que c'est une machine très compliquée […]. Vous ne voulez pas allumer la bougie avant qu'elle ne soit prête à partir. »

Très rapidement, les ingénieurs ont suspecté un capteur possiblement défectueux plutôt qu’un réel problème de refroidissement. Une nouvelle tentative a dès lors été fixée, non pas au 2 (comme beaucoup l’imaginaient), mais au 3 septembre, entre 18 h 17 et 20 h 17 UTC (localement en plein milieu de journée) – un créneau peu favorable en pleine saison des pluies… Cependant, à mesure que la nouvelle date de lancement avançait, les prévisions météo s’amélioraient, passant de 40 à 60 % de chances de pouvoir lancer, voire même 80 % dans la seconde heure de la fenêtre. Les procédures étaient par ailleurs modifiées, avec un démarrage du refroidissement des moteurs du premier étage avancé d’environ une heure – c'est-à-dire durant la phase de remplissage rapide en hydrogène liquide de l'étage central.

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Pierre-François Mouriaux

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