Le projet de Dôme d’acier turc avance

Julien Gouesmat à Istanbul

Le système Migfer doit assurer la lutte anti-drone FPV.
Aselsan

Julien Gouesmat à Istanbul

Le système Migfer doit assurer la lutte anti-drone FPV.
Aselsan
Annoncé à l’été 2024, le Dôme d’acier turc prend forme. Ce futur système de défense aérienne intégrée - conçu pour relier au sein d’une même architecture radars, guerre électronique, capteurs optroniques, missiles et capacités anti-drones - franchit une nouvelle étape cette année. À l’occasion du salon Saha Expo, organisé début mai à Istanbul, le principal fournisseur, Aselsan, a annoncé qu’il livrerait plus de 150 composants destinés au programme en 2026, soit une hausse d’environ 50 % par rapport à l’année précédente.
L’entreprise a profité du salon d’Istanbul pour montrer aux autorités les dernières innovations qui seront ajoutées à l’ensemble. Parmi les six nouveautés figure le système Migfer, destiné à la lutte anti-drone FPV à courte portée. Ce système d'armes télécommandé, protègera des plateformes terrestres est armé de deux fusils automatiques de calibre 12, capables de tirer 600 coups par minute. Il est également équipé d’une caméra thermique et d’un télémètre laser.
« Dans la défense aérienne, nous avons vu que le sujet n’est pas seulement de posséder le missile le plus puissant. Le sujet, c’est la soutenabilité (…) Il s’agit de protéger une ville comme Kiev contre 500 Shahed sans envoyer à chaque fois un missile à 3 millions de dollars », indique-t-on en interne. Cela ne lève pas toutes les interrogations, notamment sur la capacité turc à répondre sur « la longue portée et surtout la haute vélocité », conclu Patrice Moyeuvre, général de brigade aérienne (2S) et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).
« S’ils ont un dôme de fer, nous aurons un dôme d’acier », avait annoncé le président Erdogan il y a deux ans, avec pour objectif de faire passer son pays d’une défense aérienne fragmentée à une bulle nationale « made in Turkiye ». Bien qu’inspiré du programme israélien, le Dôme d’acier se distingue par sa volonté de coordonner différentes couches de défense, très courte, moyenne et longue portée, via un même logiciel de commandement, Hakim, interopérable avec les normes Otan. Au cours du salon, un directeur d’Aselsan a même indiqué à une délégation française avoir déjà participé à six essais avec l’Alliance.
À lire également
Après une première tranche évaluée à 460 M$ et la livraison de 47 composants l’an dernier, Ankara a signé fin 2025 environ 6,5 Md$ de nouveaux contrats liés au Dôme d’acier, dont près de 3,2 Md$ uniquement avec Aselsan.
Entrez chaque jour au coeur des enjeux de l'aéronautique, de la défense et du spatial avec l'expertise de la rédaction et suivez les actualités structurantes de ces secteurs stratégiques.

Julien Gouesmat à Istanbul