Carburants de synthèse : les atouts français
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Charlotte de Lorgeril et Cédric de Saint-Jouan, porte-paroles de l'Office français des e-fuels.
Media DR
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Charlotte de Lorgeril et Cédric de Saint-Jouan, porte-paroles de l'Office français des e-fuels.
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L'Office français des e-carburants a publié le jeudi 8 février l'Observatoire international des e-carburants, qui propose un panorama du secteur des e-carburants dans le monde. Créé en juillet 2023, l'Office français des e-carburants rassemble experts, chercheurs, porteurs de projets, industriels, consommateurs et financiers, pour promouvoir les usages des e-carburants dans les secteurs les plus difficiles à décarboner, comme le transport aérien et maritime, et favoriser l'émergence d'une industrie française. Le bureau français des e-carburants s'est fortement éto€é ces derniers mois, accueillant notamment Bruno James d'Airbus, Nicolas Jeuland de Safran, Farid Trad de CMACGM, Florence Delprat- Jannaud d'IFPen, Jean-Philippe Buisson d'EDF, Olivier Machet d'Engie, Bernard Hoffait de TotalEnergies, Hind Lammari de Téréga Solutions. À ce jour, le Bureau français des e-carburants compte près d'une centaine de membres, avec deux porte-parole: Charlotte de Lorgeril, de Sia Partners, et Cédric de Saint-Jouan, président du groupe Vol-V.
Les carburants électroniques émergent partout dans le monde et dessinent un nouveau commerce énergétique mondial. L'Observatoire international des e-carburants, réalisé par Sia Partners pour l'Office français des e-carburants, propose un panorama de la dynamique du secteur des e-carburants dans le monde et se concentre sur le contexte et les enjeux industriels de certains des pays les plus matures au monde. En Europe et en Amérique du Nord (Danemark, Suède, Espagne, Canada et États-Unis), dans ces pays, les premiers projets atteignent le stade crucial du financement et de la construction, ce qui leur confère une avance industrielle signicative. La dynamique mondiale des secteurs des e-carburants apparaît exceptionnelle: plus de 500 projets de production d'e-carburants de tailles variées ont été recensés dans le monde par l'Agence internationale de l'énergie, sur tous les continents. L'Observatoire international des e-carburants fournit une analyse détaillée de 77 projets à grande échelle dans le monde, d'une capacité équivalente ou supérieure à 200000t d'équivalent pétrole (tep) par an. Le plus grand projet identifié à ce jour dans le monde est réalisé au Kazakhstan par le développeur de projets allemand Svevind Energy Group. Actuellement en phase d'étude technique et d'avant-projet, il pourrait représenter à terme un volume de 11 millions de tonnes d'ammoniac (4600ktep) par an, soit près de quinze fois les importations annuelles d'ammoniac en France. Ces grands projets sont principalement situés dans des zones à fort potentiel de production d'électricité renouvelable à faible coût, ou des zones avec peu de problèmes fonciers et une acceptabilité locale des grands projets industriels, notamment au Chili, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, aux États- Unis, au Canada et Australie. 85% de ces projets concernent la production d'e-ammoniac, actuellement considéré comme moyen de transport de l'hydrogène, et dont le principal marché est la production d'engrais azotés. L'ammoniac pourrait également, à terme, être utilisé comme carburant marin alternatif, une fois les problèmes, notamment de sécurité, résolus. Ces projets sont majoritairement destinés à l'export. Seuls dix-neuf d'entre eux sont situés dans les principaux pays consommateurs, en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Les 15% restants de ces projets d'envergure visent à produire des molécules d'e-méthanol ou d'e-kérosène, utilisées pour la décarbonation des industries et comme carburant maritime ou aérien. Ces projets, contrairement aux projets e-ammoniac, sont de taille plus limitée car ils nécessitent des quantités importantes de carbone, dont les sources concentrées et qualiées sont restreintes. Leur localisation est donc plus contrainte, et ils se situent, pour la plupart, dans les futurs grands bassins de consommation, en Europe et en Amérique du Nord. Par ailleurs, la forte demande dans les secteurs maritime et aérien devrait renforcer un effet de pénurie à court terme.