Année mitigée pour Dassault Aviation

un Rafale au couleurs égyptiennes
Emmanuel Huberdeau
Quand le militaire rit, le civil pleure. Alors que le Rafale a connu ses premiers succès à l'export en 2015, Dassault Aviation a dû faire face dans le même temps à un ralentissement de son activité sur l'aviation d'affaires. Le constructeur français signe ainsi une année mitigée en terme de commandes et de livraisons, en attendant la publication de ses résultats financiers le 26 février prochain.
Avec deux commandes fermes à l'export, le Rafale a connu ses premiers succès internationaux. L'Egypte a ainsi commandé 24 avions de combat, tout comme le Qatar. Cette réussite, attendue de longue date, pourrait être confirmée en 2016 avec la signature de deux nouveaux contrats en Inde (36 Rafale) et aux Emirats Arabes Unis.
Paradoxalement, Dassault n'a livré que 8 Rafale contre 11 en 2014. Parmi ce total, il faut noter que 3 appareils étaient destinés à l'Egypte. Ce chiffre devrait croître progressivement dans les prochaines années avec l'ouverture de la seconde chaîne d'assemblage Rafale, sur le site de Bordeaux-Mérignac.
La gamme Falcon n'a elle vendu que 45 jets d'affaires, contre 90 en 2014. Un recul de 50 % aggravé par l'annulation d'un vieux contrat de NetJets pour 20 Falcon 2000. Le bilan net de Dassault Aviation n'est donc que de 25 commandes, même si l'avionneur n'avait sans doute plus aucun espoir de livrer un jour ces appareils à la compagnie américaine.
Pour faire face à cette baisse d'activité, Dassault a réduit ses cadences en terme de production. 55 Falcon ont ainsi été livrés en 2015, contre 66 l'année précédente. Lors de ses prévisions pour 2015, le constructeur espérait pourtant sortir 65 avions d'affaires de ses chaînes d'assemblage. Le recul des marchés russe, brésilien et chinois en a décidé autrement.
Malgré cette adaptation des cadences, le carnet de commandes des Falcon s'est sensiblement réduit. Il est ainsi passé de 121 exemplaires fin 2014 à 91 fin 2015. Celui des Rafale a en revanche doublé, avec 83 appareils contre 43 l'année précédente.