Ça n'est pas aussi exceptionnelle que l'année précédente, pour autant ATR n'a pas à rougir de son bilan 2012. L'avionneur franco-italien a engrangé 74 commandes fermes, pour un montant de 1,7 milliard de dollars, selon les prix catalogues. Il faut y ajouter des options pour 41 appareils supplémentaires, soit un potentiel total de 2,6 milliards de dollars sur l'année. Pour rappel, ATR avait atteint le nombre record de 157 commandes fermes en 2011.
L'autre grand chantier pour ATR était de réussir sa montée en cadence, afin de répondre à l'explosion de ses ventes. L'objectif de 72 appareils évoqué il y a un an par Filippo Bagnato, son président exécutif, n'a pas été atteint. Ce dernier se montre néanmoins satisfait des 64 appareils livrés l'an dernier. Ce qui représente tout de même un accroissement de 18 % par rapport à 2011. Il se plait d'ailleurs à rappeler qu'ATR ne livrait que 15 avions en 2005.
Cette montée en cadence s'est traduite sur le chiffre d'affaires, avec une hausse de 11 %. Il atteint désormais 1,44 milliard de dollars. L'objectif est d'atteindre les deux milliards en 2014.
Outre les cadences, le grand défi de 2013 pourrait bien être le lancement de l'ATR de 90 places. La décision doit être prise dans les prochains mois par EADS et Finmeccanica, actionnaires paritaires du constructeur. Celui-ci leur a remis son "business plan", s'est assuré de l'intérêt des compagnies aériennes et a travaillé sur les solutions industrielles possibles avec ses sous-traitants.
Côté design, Filippo Bagnato a confirmé que l'appareil serait largement inspiré de la formule aérodynamique de l'ATR 72 : "simple, simple, simple !". Pour autant le nouvel appareil ne sera pas une simple version allongée : nouvelles ailes, nouveaux moteurs...
Une première image de l'appareil a été présentée. Il dispose d'hélices octopales, d'ailettes marginales en extension de voilure (winglets) rappelant celles de l'Airbus A330, ainsi que d'un empennage horizontal placé au sommet de la dérive. Il ne reste plus qu'à le lancer.