L’Antonov 70 revole dans une version modernisée
Rédaction Air & Cosmos
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Mis à jour le 28 septembre à 17h20
Hier, à l’occasion du salon Aviasvit qui se déroule à Kiev, Antonov a fait revoler le prototype de l’An-70, dans une version modernisée. Son dernier décollage remontait à 2010.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce quadrimoteur de transport a eu une carrière mouvementée. Un premier prototype vole le 16 décembre 1994, mais est perdu deux mois plus tard suite à une collision en vol avec un appareil d’escorte. Le constructeur ukrainien ne jette pas l’éponge, puisqu’un deuxième exemplaire (immatriculé UR-NTK) finit par décoller en avril 1997. Quatre plus tard, ce même avion est gravement endommagé suite à un atterrissage dur. Un incident qui marquera un coup d’arrêt dans la carrière de l’An-70. Ce même prototype, entre-temps réparé, finira tout même par revoler sept ans plus tard, de manière parcellaire et sans le soutien de Moscou qui s’est désolidarisé du projet. Mais des problèmes techniques viendront de nouveau interrompre les essais.
Définitivement ressuscité l’An-70 ? Il est trop tôt pour le dire. L’avion qui a volé hier est de toute évidence ce même prototype, qui aurait subi un profond chantier de modernisation de deux ans. C’est notamment le cockpit qui aurait fait l’objet de toutes les attentions des ingénieurs d’Antonov. Ces derniers espèrent boucler une première campagne d’essais d’ici le milieu de l’année prochaine.
En 1997, l’An-70 avait été proposé par Antonov dans le cadre du programme européen FLA (Future Large Aircraft), dont l’A400M est finalement sorti victorieux. L’avion ukrainien avait d’ailleurs la faveur des allemands qui souhaité une coopération entre l’industrie européenne et Antonov. En 1992, une mission d’ingénieurs de la DGA accompagnée d’officiers de l’Armée de l’Air avait également visité les usines de l’avionneur en vue d’évaluer le projet.
Mais le projet est finalement jugé trop risqué sur le plan technique. Outre une avionique d’un autre temps, l’An-70 est doté de moteurs d’un genre nouveau : des turbopropulseurs à hélices rapides (ou propfan) D-27 mise au point par Progress. Ce moteur entraîne deux rangées d’hélices contrarotatives et développe une puissance maximale de 14.000 chevaux. Un choix technique qui n’était pas vraiment du goût des européens, qui avaient d’ailleurs esquissé une remotorisation avec des CFM56…
Tout n’est néanmoins pas perdu pour l’An-70, puisque la Russie, bien que ne participant plus au développement, envisage toujours l’achat d’une soixantaine d’exemplaires. Elle devrait d’ailleurs accueillir la production en série dans l’usine de Kazan, dans la république du Tatarstan.
Reste maintenant à voir si l’An-70 peut revenir en force et faire de l’ombre à l’A400M sur les marchés internationaux... Pour l’heure, rien n’est moins sûr.
Rédaction Air & Cosmos