Soufflerie Eiffel : centenaire et toujours dans le vent
Rédaction Air & Cosmos
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Nous fêtons aujourd’hui le centenaire des travaux de Gustave Eiffel (1832-1923) en aérodynamique où il fut pionnier, et plus précisément le centenaire du laboratoire aérodynamique Eiffel situé à Paris dans le quartier d’Auteuil. Cette soufflerie eut un passé glorieux. Et un siècle après sa création, elle permet encore de conduire des essais sur des maquettes de grands bâtiments, de voitures et encore parfois d’aéronefs. D’ailleurs, le 5 mars dernier, l’association Ipsa Green y a effectué les tests de son Buselec, un motoplaneur à motorisation électrique.
La soufflerie est une installation d’essais utilisée en aérodynamique pour étudier l’action d’un écoulement d’air sur un corps en recréant artificiellement les conditions rencontrées lors d'un vol. Cette simulation expérimentale se fait en général sur une maquette à échelle réduite. Elle permet d’obtenir les performances telles que la portance, la traînée et les moments appliqués au véhicule réel.
La soufflerie d’Auteuil est une soufflerie à veine ouverte (sans paroi dans la zone d’essai) et à retour non guidé (retour libre de l’air dans le hall abritant la soufflerie). Elle génère un flux d’air de 0 m/s à environ 30 m/s (environ 100 km/h), avec un taux de turbulence entre 1 et 2 %. Elle se caractérise par un tunnel droit avec la chambre d’essais au centre et un ventilateur en sortie qui aspire l’air. Dans un collecteur, l’air est accéléré passant d’une section de 4 mètres de diamètre à l’amont à une section de 2 mètres de diamètre à la sortie. Un diffuseur, tube divergent, poursuit la reprise en s’élargissant jusqu’au ventilateur hélicoïdal de 3,80 m de diamètre. Cette invention d'Eiffel qui permet de diminuer drastiquement la puissance nécessaire à l’installation et donc d'augmenter le rendement sera copiée dans le monde entier.
Construite en 1909, au pied de la tour Eiffel, la soufflerie sera dénommée "Chambre Eiffel" et une vingtaine d'aéroplanes (Blériot, Farman, Voisin…) y sera testée. La municipalité de Paris jugeant l'installation inesthétique, le laboratoire déménagera dans le quartier d’Auteuil, rue Boileau et sera inauguré le 19 mars 1912. En 1921, Eiffel confie sa soufflerie aux Services Techniques de l’Aéronautique (STAé), puis c’est le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) qui en reprend la gestion en 1929. En 1983, Martin Peter (dans les "murs" depuis 1959) créé la société "Aérodynamique Eiffel" et rachète la soufflerie qu’il dirigeait à cette époque. Revendu en 2001 au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), ce laboratoire continue à apporter à l’industrie une contribution scientifique déterminante. Martin Peter en demeure le conservateur, le "gardien du temple" à la passion débordante.
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