Aeromart 2022 : "Les grands défis de la montée en cadence", entretien avec Olivier Renne de la Dreets Occitanie
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En quoi la montée en cadence de la production annoncée par Airbus offre-t-elle de belles perspectives pour la supply chain aéronautique d'Occitanie ?
"Nous constatons une dynamique de croissance, notable dans tous les segments de l'aéronautique. Les compagnies aériennes ont besoin d'avions. Pour autant, la situation n'est pas uniforme au sein de la supply chain régionale. Car certaines entreprises, positionnées notamment sur l'A350 et l'A330, n'ont pas encore retrouvé leur niveau d'activité d'avant-crise, alors que d'autres, plutôt tournées vers les monocouloirs, devraient très directement bénéficier de la montée en cadence qui est annoncée par Airbus et commence d'ailleurs déjà se matérialiser".
Selon vous, la supply chain régionale est-elle prête à affronter ces nouvelles cadences, après plus de deux années de crise ?
Globalement, je dirais que oui. Mais la montée en cadence suppose de grands défis à relever. Ce qui va faire la différence, cela va être la capacité des uns et des autres à faire face aux nouvelles contraintes liées aux ressources humaines, aux approvisionnements, à l'énergie, etc. Une entreprise peut mourir par absence de cash. Tout dépendra donc en grande partie de l'assise financière de chacun.
Ce sujet du besoin en fond de roulement (BFR) revient souvent dans les discussions entre fournisseurs et donneurs d'ordre. Comment partager raisonnablement le risque, en cette période d'incertitude ?
Les donneurs d'ordre, globalement, font leur part. On voit certaines entreprises qui ont ainsi pu négocier des hausses de prix liées à des surcoûts en matières premières ou en énergie. Mais cela fonctionne lorsque les relations entre donneur d'ordre et fournisseur étaient bonnes avant la crise. Et lorsque ce dernier a joué le jeu. Un exemple : au début de la crise ukrainienne, la filière avait très peur au sujet des approvisionnements. Des messages ont donc été passés. En substance, les donneurs d'ordre ont dit à leur supply chain : “Approvisionnez-vous !”. Il y a ceux qui l'ont fait et ceux qui ne l'ont pas fait, parfois parce qu'ils n'ont pas été en mesure de le faire. Clairement, aujourd'hui, ce sont ceux qui ont joué le jeu qui bénéficient prioritairement des coups de pouce des donneurs d'ordre.