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« Nos parlementaires ont perdu la boussole » : malgré une forte dynamique, l’aéronautique française reste en alerte pour 2026

Photo de Daniel Chretien

Daniel Chretien

Publié le 08 janvier 2026 à 15:00

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GIFAS

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le secteur aéronautique poursuit sa croissance et son retour au-delà des niveaux d’avant-Covid. De quoi réjouir les dirigeants du Gifas et se montrer confiant pour 2026. Pourtant, son président, Olivier Andriès, reste prudent en raison des incertitudes budgétaires nationales.

Pour sa première conférence de vœux à la presse, Olivier Andriès avait des motifs de satisfactions. Ce jeudi 8 janvier, le président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) et directeur général du groupe Safran, s’est fait fort de souligner les fortes dynamiques qui traversent les secteurs de l’aéronautique, de la défense et du spatial au niveau mondial. Ce qui ne manque pas de générer des retombées positives pour la filière française.

Le dirigeant a ainsi mentionné la forte croissance du trafic aérien mondial avec des records à la clef : plus de 5 milliards de passagers, un chiffre d’affaires cumulé de plus de 1 000 milliards de dollars (20% de plus qu’en 2019) et des profits avoisinant les 40 milliards de dollars pour les compagnies membres de l’Association internationale du transport aérien (Iata). Pour la défense, il s’est réjoui de l’engagement des pays de l’Otan à porter à 3,5 % la part de leur PIB consacré aux dépenses de défense. Tout comme il a salué le saut en avant du budget spatial européen, à plus de 22 milliards d’euros pour la période 2026-2028.

De quoi alimenter un tissu industriel français qui retrouve enfin son envergure d’avant le Covid, après avoir fait preuve « d’une résilience assez exceptionnelle » au cours des chocs à répétition survenus depuis. Comme le détaille Didier Kayat, président du Groupe des équipementiers aéronautiques, de défense et spatiaux (GEADS) et PDG de Daher, l’activité dépasse désormais les années pré-Covid, avec une croissance de 10 % entre 2023 et 2024 selon les données compilées par la Banque de France, qui devrait s’être confirmée en 2025. La filière représente désormais plus de 78 milliards d’euros de chiffre d’affaires (2024). L’emploi est lui supérieur à son niveau de 2019, avec plus de 220 000 emplois. La dynamique de recrutements se poursuit : après 29 000 embauches en 2024, avec une croissance nette de 14 000 emplois, ce sont 25 000 à 30 000 postes qui ont été créés l’an dernier. Enfin les ETI retrouvent leur niveau de rentabilité d’avant crise.

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Didier Kayat se félicite de cette solidité retrouvée après des années compliquées, même s’il concède que 3 à 5 % des acteurs de la supply chain sont encore en situation difficile. Il assure néanmoins que les mécanismes d’alerte mis en place permettent de prévenir les risques de disruptions.

Malgré ce panorama plutôt favorable, Olivier Andriès n’a pas oublié de lancer une série d’avertissements pour préserver la position de la France dans le paysage aéronautique mondial. Alors que les discussions sur le budget redémarrent, le patron du Gifas s’est fendu d’une pique acerbe à l’encontre du Parlement. « Nos parlementaires ont perdu la boussole », a-t-il ainsi lâché, dénonçant une volonté de taxer à tout va. Il espère ainsi une clarification du contexte budgétaire et éviter un « taxer plus pour travailler moins », comme il l’a martelé durant ses vœux. Sans quoi, il redoute un effet dissuasif sur les investissements de la filière en France. De même, il a appelé au respect des engagements pris par le président de la République, à commencer par le financement du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac) à hauteur de 300 millions d’euros par an.

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 Celui qui est aussi directeur général de Safran a aussi fait part de son inquiétude quant au budget de la défense. En l’absence de vote sur le projet de loi de finances (PLF2026), les marches et surmarches budgétaires prévues – soit une hausse de 6,7 milliards par rapport à 2025 – ne sont pas validées. Olivier Andriès souhaite bien sûr que celles-ci soient actées et appelle à la vigilance quant à l’exécution de la loi de programmation militaire (LPM).

Daniel Chretien

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