Série Métiers : ingénieure méthodes composites chez MBDA
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Marion C. travaille chez MBDA à Bourges.
S. Frachet
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Marion C. travaille chez MBDA à Bourges.
S. Frachet
De son vaste bureau d’une trentaine de mètres carrés, Marion C. a une large vue sur l’usine MBDA de Bourges. Au loin, des pales d’éoliennes émergent des champs de blé de la campagne berrichonne. De l’autre côté, elle surplombe l’atelier de pièces composites qui équipent les missiles, essentiellement des tuyères d’évacuation d’air chaud. Ces pièces hautement techniques, aux formes compliquées, supportent des températures élevées.
« Quand François Hollande est venu sur le site en avril, il a eu un bref instant de surprise lorsque le Pdg Antoine Bouvier lui a dit qu’une femme guiderait sa visite de l’atelier », se souvient cette ingénieure chimiste, responsable des méthodes et du contrôle au sein de l’unité de production composites. Sans doute l’ancien président s’attendait-il à rencontrer plus d’hommes que de femmes chez cet industriel très lié au secteur de la Défense nationale ? « Après le premier temps d’interrogation, il a montré un réel intérêt, la visite a été très rapide », raconte Marion C.
L’usine, la chimie, les matériaux, la production : tout cela n’a jamais fait peur à cette trentenaire très féminine, aux mains soignées et qui travaille en talons. Ses chaussures de sécurité, obligatoires pour ceux qui circulent dans les ateliers industriels, sont à disposition dans un tiroir du bureau.
Pourquoi l’industrie fait-elle peur aux jeunes filles ? La question lui semble saugrenue, elle dont les parents travaillent pour un prestataire de l’industrie. « Mes parents ont souvent parlé d’usines et de machines à la maison. Parfois je les ai accompagnés au bureau, c’est un univers très familier pour moi », poursuit la jeune femme passée par Astrium (EADS) avant de rejoindre le missilier européen en 2014.