Série Métiers : technicien de test électronique sur missiles chez MBDA
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Vincent Jager teste, mesure et valide tous les sous-ensembles d'un missile chez MBDA.
S. Frachet
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Vincent Jager teste, mesure et valide tous les sous-ensembles d'un missile chez MBDA.
S. Frachet
Il faut montrer patte blanche pour rencontrer Vincent Jager sur son lieu de travail. L’usine française d’intégration des missiles de MBDA est un lieu hautement sécurisé, invisible de la route et enfoui sous les pins et les chênes de l’immense forêt de Sologne. L’accréditation est longue à obtenir, la carte de visite Air et Cosmos facilite les choses.
Vincent Jager, 35 ans, y occupe le poste de responsable des bancs de tests, à proximité immédiate des cellules d’assemblage en zone Atex, à risque d’explosion. Des portes blindées et des murs épais rappellent qu’il ne s’agit pas d’un vain mot.
« Ce métier de technicien est méconnu mais crucial car il valide le bon fonctionnement de tous les sous-ensembles juste avant la présentation finale aux clients. Cette étape valide que tout fonctionne », résume Benoit Hiault, directeur de l’usine de Selles-Saint-Denis, près de Romorantin, où le missilier assemble des munitions de moyenne et longue portée, des Mica, des Exocet, des Scalp… destinées à près de 90 armées dans le monde.
lettre manuscrite
La responsabilité n’est pas mince : « un missile n’est pas un produit industriel comme un autre, il ne va être mis en œuvre qu’une fois », indique Benoit Hiault. Pas le droit à l’erreur tout au long du process de production, encore moins lorsqu’on approche de la livraison. A l’inverse de l’automobile ou de l’électroménager, le fabricant ne fait pas de rappel. Un missile, c’est un peu comme une allumette, on sait qu’elle est conforme une fois qu’on s'en est servi.
Ambiance silencieuse et calme dans les ateliers, les collègues de Vincent Jager sont discrets, les échanges sont mesurés. Dans les allées, tout est propre et rangé. Le temps semble suspendu dans cette usine de 280 salariés qui tourne en 2x8 afin de répondre aux commandes qui s’accroissent. Malgré la pression des clients qui attendent leurs munitions, « l’atmosphère reste propice à une prise de décision sereine et réfléchie. La précipitation est un ennemi », remarque Benoit Hiault.