Accessibilité : Les compagnies et les aéroports sont encore loin du compte
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Accessibilité
Aéroport Toulouse Blagnac
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Personne ne s’y attendait vraiment. C’est pourtant un véritable pavé dans la mare qu’a jeté Julien Bezes, expert en accessibilité du transport aérien au sein du Collectif français du handicap visuel (CFHV) et malvoyant lui-même, lors d’une des tables rondes du dernier congrès de la Fédération nationale de l’aviation et ses métiers (Fnam).
« Aujourd’hui, on parle beaucoup plus de l’accessibilité dans le transport aérien. Il y a une prise de conscience, mais oui, il reste clairement des barrières », débute-t-il ainsi. Il constate ainsi que « pendant plusieurs années, l’accessibilité se limitait à l’assistance en aéroport », conformément au Règlement (CE) n°1107/2006 qui place sous leur responsabilité la prise en charge des passagers à mobilité réduite ou en situation de handicap. Une approche bien trop limitée selon lui : « Cela remplissait une partie de l’accessibilité, mais pas l’ensemble. Ce dont on a besoin, maintenant, dans le transport aérien, c’est que les acteurs travaillent tous ensemble. » Une situation qui devrait évoluer, avec la réforme de ce règlement actuellement en cours, vers une recherche d’une approche plus globale de l’ensemble des acteurs de la chaîne pour améliorer l’accessibilité.
La dernière fois que le thème de l’accessibilité avait été mis en pleine lumière, c’était au moment des Jeux paralympiques de Paris, en 2024. À l’époque, les compagnies aériennes et les aéroports avaient largement communiqué sur tous les dispositifs exceptionnels qui avaient été mis en place pour accueillir les délégations d’athlètes et leurs équipements. Ils avaient aussi promis que certains de ces dispositifs d’accueil seraient pérennisés pour fournir un meilleur service aux personnes à mobilité réduite (PMR). Deux ans plus tard, force est de constater qu’il y a encore beaucoup de progrès à réaliser.
« Il faut rappeler que l’accessibilité aérienne aujourd’hui, ce n’est pas un choix, c’est une réglementation. Nous avons aujourd’hui des textes réglementaires européens, internationaux et français. Les compagnies, les aéroports et tous les acteurs de la chaîne doivent les appliquer. Encore une fois, dans la mesure où nous payons un prix de billet identique à celui d’un passager lambda, il faut que nous ayons la même qualité de service », martèle Julien Bezes. Il appelle ainsi à la fin des passe-droits : « Il y avait des délais dans les textes réglementaires pour que les acteurs puissent encore "passer à côté" et se mettre en conformité. Mais maintenant, tous les délais sont dépassés et les textes sont entrés en application. Aujourd’hui, l’ensemble des infrastructures aériennes doit être accessible ».