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Skynopy : un champion français des stations sol

Photo de Pierre-François Mouriaux

Rémy Decourt

Publié le 24 juin 2026 à 05:00

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Là où ses concurrents dimensionnent le débit au plus bas, Skynopy le fait grimper en escalier. Une modulation variable adaptative qui tire le meilleur parti de chaque passage de satellite.

Là où ses concurrents dimensionnent le débit au plus bas, Skynopy le fait grimper en escalier. Une modulation variable adaptative qui tire le meilleur parti de chaque passage de satellite.

Skynopy

Le Magazine

N2975 ● 19 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Dans un contexte géopolitique où la maîtrise de la donnée spatiale devient un enjeu de souveraineté, une jeune entreprise française s'attaque à l'un des maillons les plus critiques et les plus discrets de la chaîne spatiale : le téléchargement des données satellites. Rencontre avec son cofondateur et directeur général, Pierre Bertrand.

On parle beaucoup des satellites. De leur nombre croissant en orbite, de la course aux méga-constellations, de l'explosion de l'imagerie commerciale. On parle moins de ce qui se passe après, une fois que le satellite a acquis ses données. Comment ces informations redescendent-elles vers la Terre ? Avec quelle rapidité ? Quelle fiabilité ? Quelle sécurité ? C'est précisément à ces questions que Skynopy a décidé d’apporter des réponses nouvelles. La startup a été fondée fin 2023 à Paris par deux ingénieurs issus du secteur spatial, Pierre Bertrand, le directeur général (passé par OneWeb et Loft Orbital), et Antonin Hirsch, le directeur technique (ancien d'Eutelsat et de Loft Orbital). À peine trois ans plus tard, la startup compte vingt personnes. Depuis 18 mois, elle opère un réseau de stations au sol composé d'antennes paraboliques de 5 à 6 mètres, réparties sur 17 sites pour un total de 35 antennes. Vingt satellites à travers le monde utilisent aujourd'hui ce réseau commercialisé depuis un an. Et tout porte à croire que ce n'est qu'un début : Skynopy vise 45 nouvelles antennes d'ici 2029, pour franchir ensuite le cap de la centaine, voire beaucoup plus à l'horizon 2030.

Un contrat qui change tout

En janvier dernier, Skynopy annonce ce qui constitue sans doute le signal le plus fort de sa trajectoire : la signature d'un contrat majeur avec Airbus pour les satellites Pléiades NEO, les satellites d'observation optique les plus utilisés et les plus commercialisés au monde. Avec Maxar d'un côté et Planet de l'autre, ce sont trois sociétés qui représentent plus de la moitié du marché mondial de l'imagerie spatiale haute résolution. Les données issues de ces satellites irriguent des secteurs aussi variés que la défense, l'agriculture de précision, la gestion des catastrophes naturelles ou l’urbanisme par exemple. Remporter l'appel d'offres Airbus face aux acteurs établis de longue date sur ce segment ne relève pas du hasard. Skynopy évolue en effet dans un marché concurrentiel, dominé par trois grands opérateurs de référence : le norvégien KSAT, pionnier historique du secteur, l'américain ATLAS Space Operations et l'italien Leaf Space. Face à ces concurrents disposant d'une longueur d'avance en termes de réseau et de notoriété, la startup parisienne a su tirer son épingle du jeu. « Nous avons gagné sur la fiabilité et la faible latence du service », résume Pierre Bertrand. Un message simple, mais dont les implications techniques sont profondes.

Rémy Decourt

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