Internet du futur : créer un véritable quantique planétaire
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Intégration du satellite quantique Micius.
Académie chinoise des sciences
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Intégration du satellite quantique Micius.
Académie chinoise des sciences
D’ici quelques années, la physique pourrait basculer dans une nouvelle ère, comme en témoigne une étude menée par deux chercheurs français, Thomas Durt (enseignant-chercheur à l’Institut Fresnel) et Jean Schneider (astrophysicien à l’Observatoire de Paris). Intitulée Test de corrélation quantique à des distances cosmiques, elle a été publiée le mois dernier dans les Annales de la Fondation Louis de Broglie (revue de référence internationale dédiée aux fondements de la physique quantique, à la relativité et à l'histoire des sciences). L’étude propose de tester les limites de la mécanique quantique à une distance record : les 390 000 kilomètres séparant la Terre de la Lune. Ce projet, imaginé dès 2009 par Jean Schneider, se trouve au croisement de la philosophie des sciences et de la cybersécurité, et explore une question fondamentale : la mécanique quantique prédit que deux particules intriquées restent liées instantanément, quelle que soit la distance ; mais ce lien « fantôme » résiste-t-il vraiment à l'épreuve de l'espace profond ?
Pour passer de la théorie à la pratique, les chercheurs s'appuient sur une avancée historique, datant de 2017, grâce au tout premier satellite de communication quantique au monde, lancé par la Chine le 15 août 2016 : Micius (officiellement baptisé Quess, pour Quantum Experiments at Space Scale). Développé par l'Académie chinoise des sciences en collaboration avec l'Université de science et technologie de Chine (USTC), le satellite a permis de valider trois grandes premières mondiales : la distribution de clés quantiques (QKD), l'intrication quantique à grande échelle et la téléportation quantique. Micius a en effet réussi à envoyer des clés de chiffrement secrètes entre la Chine (Pékin) et l'Europe (Vienne), à 7 600 kilomètres de distance. Il a ensuite envoyé des paires de photons « intriqués » (liés de façon indéfectible, où la modification de l'un modifie instantanément l'autre) à deux stations terrestres distantes de 1 203 kilomètres, prouvant que l'intrication pouvait franchir les frontières de l'atmosphère. Le satellite a enfin à « téléporter » l'état quantique d'un photon depuis le sol (au Tibet) vers le satellite évoluant à 500 kilomètres d’altitude, jetant les bases de l'Internet quantique du futur.