Il y a 102 ans, jour pour jour, Adolphe Pégoud monte dans le cockpit de son Blériot XI à Juvisy-sur-Orge. Non sans avoir auparavant mis une douzaine de ses amis dans la confidence : il a l'intention de voler sur le dos, au grand dam de Louis Blériot, lequel a mis longtemps avant de se décider à autoriser l'aviateur à tenter ce qui fait figure d'exploit.
Blériot n'a pas peur pour sa machine, mais pour le pilote, persuadé qu'il perdra le contrôle de ses nerfs une fois la tête renversée. Pégoud a insisté lourdement, si bien que Blériot a fini par céder et a fait préparer l'appareil.
Pégoud, intrépide, a quitté l'école à 14 ans. Quatre ans plus tard, il s'engage dans l'armée et fait connaissance avec le capitaine Louis Carlin, un officier passionné d'aviation. Tous deux envoyés au camp de Satory, près de Versailles, Pégoud y fait son premier vol en qualité de passager en octobre 1911... Et ne rêve plus que d'une chose : obtenir son brevet de pilote.
C'est chose fait le 1er mars 1913, une fois revenu à la vie civile. Une semaine plus tard, il est engagé comme pilote d'essais par Louis Blériot. Le 19 août 1913, il procède à un essai de parachute en sautant d'un vieux Blériot XI après avoir décollé de Châteaufort, dans les Yvelines. Au cours de sa chute vers le sol, Pégoud s'étonne des « arabesques qu'effectue la machine » et qu'il va désormais essayer de reproduire.
C'est ainsi que le 1er septembre 1910, Pégoud décolle, gagne l'altitude de 900 m, prend une assiette à piquer, passe sur le dos et vole tête en bas sur une distance de 400 m, avant de revenir en position normale. Il réitère son exploit le lendemain à Buc, devant un parterre de civils et militaires, cette fois-ci sur 700 m.
Puis le 21 septembre 1910, il réalise toute une série de figures acrobatiques avant de terminer sa démonstration par une boucle, en effectuant donc un des tous premiers loopings. C'est ainsi que Pégoud acquit, du jour au lendemain, une célébrité qui s'étendit jusqu'au-dela des frontières de l'Europe.