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ADAVe : Une réglementation adaptée en vue d’une série de premiers vols

Photo de Antony Angrand

Antony Angrand

Publié le 05 novembre 2024 à 09:12

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a mobilité aérienne avancée progresse et connaît une nouvelle étape réglementaire. La FAA vient de créer une nouvelle catégorie relative aux ADAVe, alors que le paysage évolue, avec des premiers vols attendus, notamment ceux du CityAirbus NextGen, du Textron Nexus et de l’aéronef d’Eve, la filiale d’Embraer… Sur fonds de déboires outre-Rhin chez Lilium.

La FAA pubie la règle finale relative aux ADAVe

A quelques temps de l’ouverture du salon European Rotors, qui se tient du 4 au 7 novembre à Amsterdam, en Hollande, la FAA a publié la règle finale relative aux ADAVe. Le régulateur américain a ainsi annoncé le 23 octobre 2024 la dernière touche apportée à la réglementation concernant les qualifications et la formation que les instructeurs et les pilotes doivent posséder pour piloter des aéronefs de catégorie ADAVe (Aéronefs à Décollage et Atterrissage Verticaux électriques) ou eVTOL ainsi qu’ils sont nommés en anglais. La règle porte également sur leurs exigences opérationnelles, notamment les altitudes minimales de sécurité et la visibilité requise. Cette règle est la dernière pièce du puzzle qui permettra d'introduire ces aéronefs en toute sécurité à court terme. « Les possibilités d'utilisation d'aéronefs à sustentation motorisée sont très vastes, qu'il s'agisse du transport de passagers dans les zones urbaines, d'opérations court-courriers telles que les services d'ambulance aérienne et les opérations de fret, ou encore de la possibilité de desservir des communautés plus petites au fil du temps », commente la FAA. La règle établit une réglementation fédérale spéciale de l'aviation (SFAR) avec de nouvelles exigences pour faciliter la certification et la formation des instructeurs et des pilotes.  Elle applique les exigences d'exploitation des hélicoptères à certaines phases de vol et adopte une approche basée sur les performances pour certaines règles d'exploitation. Enfin, elle permet aux pilotes de s'entraîner sur des appareils à moteur avec un seul jeu de commandes de vol ; les anciennes règles exigent deux commandes de vol - une pour l'élève et une pour l'instructeur.

Une nouvelle catégorie depuis la fin des années 1940

Cette réglementation va pouvoir enfin porter les ADAVe actuels vers la réalisation d’un processus complet de certification. Il était temps, serait-on tenté de dire, si l’on tient compte des aéronefs qui doivent sous peu réaliser leur premier vol (CityAirbus NextGen, Textron Nexus, Eve), ceux en attente d’une certification (Joby Aviation). Si le marché actuel ne manque pas de concurrents, certains sont plus heureux que d’autres. Celui qui semble avoir réuni le plus de cartes à priori gagnantes dans son jeu actuellement est probablement Eve. Comme Textron qui place le Nexus dans sa filiale Textron eAviation -ce dernier était au départ développé par Bell- Embraer a fait le choix de créer sa filiale dédiée, Eve. Fin juillet 2024, alors que le 45e salon de Farnborough bat son plein, la société présente son prototype d’ADAVe. Son aéronef utilise une configuration type huit rotors dédiés au vol vertical et des ailes fixes pour le vol de croisière, sans modification de la position de ces composants pendant le vol. Le concept comprend un moteur électrique de type « push » alimenté par deux moteurs électriques qui assurent la redondance de la propulsion et de faibles coûts d'exploitation. Eve Air Mobility a annoncé une avancée significative dans l'assemblage de son premier prototype ADAVe grandeur nature. « Il s'agit d'une étape importante », commente alors Johann Bordais, PDG d'Eve Air Mobility. « Alors que nous nous tournons maintenant vers la préparation d'une campagne d'essais rigoureuse, nous ne nous contentons pas de créer un aéronef, nous construisons un écosystème complet de solutions qui façonneront l'avenir de l'industrie de la mobilité aérienne avancée », ajoute-t-il.

94 M$ pour le développement de son ADAVe

L’avionneur a d’abord sécurisé le développement de son aéronef à hauteur de 94 M$ (86,88 M€), avec l'émission de nouvelles actions ordinaires et de bons de souscription. Ce financement a inclus la participation d'un groupe diversifié de sociétés industrielles mondiales, dont Embraer, Nidec et d'autres investisseurs. Puis dans un second temps, mi-octobre 2024, Eve a annoncé avoir obtenu un accord de prêt de 88 millions de dollars US (81,34 M€) auprès de la Banque nationale de développement du Brésil (BNDES) pour financer le développement de l'usine de production ADAVé à Taubaté, dans l'État de São Paulo, au Brésil. La BNDES avait déjà approuvé en 2022 d'une ligne de crédit de 92,5 millions de dollars (85,5 M€) pour soutenir le programme de développement de l'ADAVe d'Eve. Le nouvel accord de financement est structuré par des sous-crédits provenant de sources nationales et internationales, y compris les fonds en devises de la banque, sur une échéance de 16 ans.

480 aéronefs par an

Avec une production totale prévue de 480 aéronefs par an, Eve pourra augmenter la capacité de production du site sur une base modulaire, avec quatre modules de taille égale de 120 avions par an. Cela permettra d'adopter une approche d'investissement disciplinée et économe en capital au fur et à mesure que le marché se développera. Eve possède le plus gros carnet de commandes de l'industrie, avec des lettres d'intention portant sur 2 900 aéronefs, émanant de 30 clients dans 13 pays, ce qui représente un chiffre d'affaires potentiel de 14,5 milliards de dollars américains (soit 13,4 Md €). Enfin, l'entreprise a sélectionné tous les principaux fournisseurs de son aéronef et parallèlement, elle continue de développer un portefeuille complet de services agnostiques et de solutions d'exploitation. Notamment Vector, un logiciel de gestion du trafic aérien urbain qui permet d'optimiser et d'étendre les opérations de mobilité aérienne avancée dans le monde entier. Mais Eve n’est pas la seule entreprise à progresser. Celui qui est attendu avec impatience n’est autre que le CityAirbus NextGen, qui doit réaliser son vol inaugural d’ici la fin de l’année.

Antony Angrand

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