Un successeur au « Canadair » est en développement en France
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Hynaero
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Hynaero
La France aura connu un été 2024 relativement calme. En comparaison aux dramatiques incendies et feux de forêt exceptionnels de par leur ampleur et leur durée intervenus en 2022, qui avaient vu la destruction de plus de 30 000 hectares de forêt en Gironde et dans les Landes pour ne citer que cette dernière, 2024 aura été une saison feu qui restera dans les mémoires comme assagie. Cependant, il y a fort à parier que cette situation, si enviable soit-elle, risque de ne pas se réitérer dans les années à venir.
« Je me suis rendu compte que nous nous préparions des lendemains difficiles, personne ne conteste que le réchauffement climatique induit des périodes climatiques extrêmes avec, notamment de plus en plus de grands feux, dans des régions qui étaient jusqu’alors épargnées et sur des périodes de plus en plus longues », commente David Pincet, président de Hynaero, ancien pilote de chasse et général de l’Armée de l’Air, ancien chef du groupement aérien de la sécurité civile à Nîmes. « Un des éléments clé de la lutte contre les grands feux reste le bombardier d’eau. Le « Canadair », qui est une référence dans ce domaine depuis son premier vol en 1967, n’est plus construit depuis dix ans », commente David Pincet.
« Comme c’est un avion d’une technologie remontant à la décennie 1960, son maintien en conditions opérationnelles est de plus en plus complexe et de plus en plus cher. Or nous constatons de plus en plus de besoin d’interventions, alors que les moyens de lutte sont déclinants en termes de capacités. En 2022, ce sont 35 000 hectares qui ont brûlé en France, soit le double de la surface moyenne habituelle depuis 10 ans. En comparaison, 19 millions d’hectares ont brûlé au Canada en 2023. L’institut Copernicus mentionnait dès 2022 que l’ensemble des grands feux de la planète représentaient jusqu’à 7 gigatonnes d’émissions de CO2 dans l’atmosphère, soit 20 % de l’ensemble des émissions de la planète. Si les grands feux sont une conséquence du réchauffement, ils deviennent une cause de l’emballement climatique par les quantités phénoménales de CO2 émises et les puits de carbone que représentent les forêts qui sont détruits », détaille David Pincet.